Comment je positionne mes mains, le petit plus en self-défense
Par Nathalie Scharf, 4e dan de judo ju-jitsu
Aujourd’hui, je vais vous proposer un petit truc en plus, que vous soyez débutant ou non.
Le contexte :
Nous ne sommes toujours pas dans une situation d’agression physique, et tant mieux, car la première chose à faire, c’est de l’éviter. Nous sommes dans une situation où le ton monte : vous sentez le danger se rapprocher, l’agresseur ou les agresseurs potentiels vous parlent, vous cherchent, par la parole notamment.
Pourquoi éviter une situation de défense quand on sait se défendre ? On pourrait se dire que c’est bien mérité ; eh bien, juridiquement, pas forcément, si vous n’arrivez pas à prouver la légitime défense. Et dans cet article, je vous propose d’allier les deux, c’est-à-dire un moyen de prouver que juridiquement vous n’êtes pas l’agresseur, et en même temps un moyen de se préparer à l’affrontement s’il doit y en avoir un.
Il y a plusieurs sortes d’agressions possibles, évidemment, et ce que je vais vous proposer marche dans tous les cas de figure. L’agresseur peut être seul, mais ils peuvent être plusieurs.
La position à ne surtout pas prendre, c’est une position de combat type art martial, self-défense, judo, ju-jitsu, karaté, krav-maga, et j’en passe.
Pourquoi ?
Pour la simple raison que la légitime défense devient impossible à prouver. Vous vous êtes mis(e) en posture de combat, vous êtes prêt(e) à l’attaque : il ne s’agit plus là de légitime défense, mais d’un combat entre deux ou plusieurs personnes. Pour peu que vous ayez quelques connaissances et l’autre pas, et que vous preniez le dessus en blessant fortement votre agresseur, vous n’êtes pas sûr(e) du tout de ne pas être tenu(e) pour responsable au regard de la loi.
Deux positions de mains sont idéales, vous pouvez choisir celle qui vous convient le mieux :
Ces deux positions ont un point commun :
Les mains sont levées et prêtes à agir !
Pourquoi ?
Si vos mains sont le long de votre corps, vous n’aurez pas le temps de les lever en cas d’attaque par surprise, comme une simple gifle ou même le fait d’être poussé. La surprise sera telle que la poussée, la gifle, le poing, le coup de bâton sera déjà parti.
Comment placer mes mains sans être en position de combat ?
Position 1 :
Les mains sont levées, du genre « mains en l’air », mais plutôt devant que sur le côté, les mains au niveau de la tête ou de la poitrine, avec une attitude qui signifie « Je ne veux pas d’ennuis ». Vous pouvez les bouger de façon à créer une sorte d’écran devant vous, pour être prêt(e) à agir tout en ayant l’attitude d’une personne ne souhaitant absolument pas se battre, façon « non, non, non » avec les mains. Les bouger devant les différents agresseurs peut être utile pour dénombrer intérieurement les différents agresseurs potentiels, mais aussi pour commencer à envisager les différents placements du corps pour se retrouver face aux attaquants. À cette attitude, on ajoute la parole, par exemple des phrases comme « Je ne veux pas d’histoire, je suis sûr(e) que c’est un malentendu », etc.
Cette position a plusieurs avantages :
- Avoir une attitude qui apaise la situation.
- Être prêt(e) à se défendre.
- Avoir les mains près de la tête et de la poitrine, en protection, au cas où.
- Avoir une posture qui permet de surprendre l’agresseur ou les agresseurs si on se met à frapper, car le message envoyé par cette posture est celui d’une personne en difficulté, perdue. Mais vous ne l’êtes pas : vous avez l’avantage sur vos assaillants.
- Juridiquement, vous n’avez aucune manifestation agressive, et aucun témoin ne pourra, par mégarde, se demander qui a commencé.
Cette position n’a aucun désavantage.
On pourrait rétorquer que l’on a l’air faible dans cette attitude et se sentir diminué. Eh bien, je réponds qu’il vaut mieux mettre son ego de côté et se retrouver cinq minutes après en bonne santé avec sa famille, ses amis, son ou sa conjoint(e) ou ses enfants, que de vouloir faire une démonstration de force qui ne fera qu’envenimer les choses, voire provoquer l’agresseur, et risquer de faire basculer sa vie pour toujours du côté sombre. Pour l’instant, si vous êtes en bonne santé, et je vous le souhaite, vous n’êtes pas à l’abri d’un simple choc, ne serait-ce qu’en tombant, qui ferait basculer votre état de santé !
Je ne le répéterai jamais assez : évitez l’affrontement !
Position 2
Vous êtes en position de réflexion, une main qui tient le menton avec le pouce et l’index, l’autre sur le ventre : les mains sont hautes et l’attitude n’est pas agressive. Vous pouvez dire des choses comme : « Je ne comprends pas », « Pourquoi me dites-vous ça ? », etc.
Les avantages de cette position :
- Être prêt(e) à agir.
- Les mains sont hautes, l’une près du visage pour se protéger, l’autre protège le ventre.
- Avoir une posture qui permet de surprendre l’agresseur ou les agresseurs si on se met à frapper, car le message envoyé par cette posture est celui d’une personne en attente, perdue. Mais vous ne l’êtes pas : vous avez l’avantage sur vos assaillants.
- Juridiquement, vous n’avez aucune manifestation agressive, et aucun témoin ne pourra, par mégarde, se demander qui a commencé.
Les désavantages de cette position :
- L’attitude de réflexion peut être interprétée par l’agresseur ou les agresseurs comme une provocation.
Personnellement, je préfère la première position, car la seconde n’est pas forcément associée à l’apaisement. Elle peut générer chez votre agresseur une sensation de défi, et je tiens à tout prix à éviter l’altercation.
Plus vous adoptez une attitude décalée par rapport à la situation attendue, comme de l’incompréhension, de la surprise et une attitude de non-attaque, plus vous pourrez apaiser la situation, voire la désamorcer. Ou bien surprendre, le moment venu, avec quelques techniques simples et efficaces, qui seront d’autant mieux placées que le ou les agresseurs ne s’y attendront pas.
Voilà mon conseil pour aujourd’hui, merci de m’avoir lu !